Pourquoi opter pour un maillot vintage de fausse laine à l’ère du cyclisme moderne ?


Évolution aidant, même les maillots entrée de gamme contemporains s’avèrent beaucoup plus techniques que les maillots de fausse laine, un des produits incontournables du cyclisme old-school. Néanmoins, ils font désormais le bonheur de nouveaux amateurs de la petite reine, fans de vintage.


De la laine aux fibres pétrole 

Même le néophyte en la matière le constate d’emblée : à la vue, au toucher, à la pesée, tout distingue un jersey moderne d’un maillot du passé. Les premiers sont de véritables concentrés de hautes technologies. Un jersey contemporain mis au point par un fabricant de renom sera léger, aéré, magnifiquement composé au niveau du design, très abouti question finitions. Ils sont conçus spécifiquement pour que le cycliste puisse pédaler longtemps en lui garantissant le maximum de confort possible. Ainsi, leurs tissus ouverts augmentent la circulation de l’air et assurent un séchage rapide. Ramassés au niveau des dimensions car extrêmement extensibles, ils offrent un aérodynamisme optimal. Certains peuvent être utilisés les jours de pluie, car ils n’absorbent aucune humidité, et par la suite protègent la peau en tendant une puissante barrière aux rayons UV. En comparaison, que dire de leurs ancêtres, les fameuses liquettes affublées du qualificatif de fausse laine ? Ceux-ci sont au contraire pesants, fort passablement respirant, pas vraiment orientés en direction du bien-être sportif, grossièrement aérodynamiques et somme toute dépouillés en ce qui concerne la fantaisie visuelle. 

Le monde change, et les équipements cyclistes aussi. Voilà même un secteur terriblement dynamique, ce marché économique, ayant le vent en poupe depuis la popularisation allant toujours croissant du vélo, s’avérant même férocement concurrentiel. De fait, les maillots des années 70 et 80, ceux qui ont marqué l’apogée de la fausse laine, ne semblent que des ébauches rustiques des réalisations actuelles. Ils marquent toutefois un moment capital de l’évolution en ce domaine, la transition entre les temps héroïques du vélo gaillard et celui des prémices de la performance démocratisée et assumée, mais pas encore servie par les datas. Rompant avec la tradition des premiers temps du cyclisme, où la vraie laine était employée en tant que matière essentielle, ces produits manufacturés faisaient eux grand usage d’un dérivé du pétrole : l’acrylique. La fausse laine est en réalité de la fibre synthétique, une sacrée révolution équipementière à l’époque, qui se fit au moment de l'apparition de nombreux compléments alimentaires.

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Boudés puis collectors 

Cette sacrée révolution n’est pourtant, revue selon nos critères actuels, pas une révolution sacrée. Car un maillot de fausse laine révèle ses défauts à l’usage, et ce plutôt rapidement. Lourd par sa composition même, et ce en omettant sciemment leurs zips en métal, sa maille compacte laisse peu passer l’air. La protection au froid est au départ puissante, mais la sueur, s’évacuant malaisément, l’alourdit plus encore, tout en s’avérant un facteur refroidissant à mesure des kilomètres parcourus. A cela s’ajoutent des démangeaisons potentielles dues à la fameuse fausse laine, voire aux fils de couture liant les différentes parties. Enfin, l’odeur émanant d’un tel maillot après l’effort est tout sauf agréable. Quant à l’ajustement sur le corps, on a fait bien mieux depuis, c’est certain. Bref, vu sous cet angle, on comprend que peu de cyclistes aient résisté à l’attrait de la nouveauté, le mesh, pour le coup véritablement révolutionnaire au tournant des années 90.

Dans le meilleur des cas, ces antiquités en fausse laine ont été gaillardement remisées au placard, bon nombre disparaissant direct à la poubelle. Mais, dans ce cas, pourquoi cet engouement contemporain pour ces pièces boudées dès la première concurrence arrivée ? Tout d’abord, la nostalgie. Ce puissant sentiment, celui qui stipule que tout était mieux avant, a transformé ces maillots dédaignés en véritables pièces collectors. Outre leur charge émotionnelle, force est de constater, avec le recul, que ces jerseys dépouillés étaient magnifiques, si beaux que l’industrie contemporaine les réédite en masse. De nos jours, pléiade de sites écoulent ces produits sérigraphiés, ce qui s’avère un piètre pis-aller pour les connaisseurs. La plupart préféreront toujours rouler avec un textile basique et uniforme plutôt que vêtus d’un faux maillot Renault - Cycles Gitane, un trompeur St Raphael Campagnolo ou encore un Brooklyn replica. Comment leur donner tort ? 

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Où dénicher votre maillot ? 

Non, rouler en vraie fausse laine demeure un must. Il convient juste de prendre une précaution essentielle pour ce faire : enfiler à même la peau un premier jersey aéré, histoire de profiter de l’ancien avec le bénéfice du moderne. Pour le reste, le jeu consiste à dénicher un maillot vintage à sa taille et surtout à son goût.


Pour cela, plutôt que d’écumer sans fin les places de marché, réelles ou numériques, autant se rapprocher directement des honorables boutiques vintage en ligne, tel Gabba Vintage, qui possède une belle collection de ces survivances sportives prêtes à prendre de nouveau la route. Ce fil d’Ariane conduit au jersey old-school, soyez-en sûrs !


Article invité : Le créateur de la marque Gabba Vintage.

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